Hiatus, lacunes et absences : identifier et interpréter les vides archéologiques
31 mai-4 juin 2021 Toulouse (France)

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La discipline archéologique est née des premiers travaux classificatoires de vestiges matériels, lesquels eurent rapidement pour objet de proposer une organisation des découvertes dans le temps et l'espace. Cette perspective, au départ taxinomique et évolutionniste, s'est progressivement enrichie d'une troisième dimension, spatiale, offrant un point de vue diffusionniste et donnant lieu à un renouvellement des méthodes. Les réflexions s'opèrent depuis à un plus haut niveau de résolution par le biais de nouvelles disciplines au service du discours interprétatif (ethnoarchéologie, archéométrie, paléoenvironnement, par exemple). L'essentiel de notre travail est aujourd'hui encore de formuler des hypothèses ou de répondre à des questions sur des thèmes tels que : configurations spatiales et dynamiques temporelles des productions matérielles, identification et évolution des identités culturelles, des réseaux d'échanges, des structures sociétales, modalités d'acquisition des biens alimentaires et techniques ou impacts des facteurs environnementaux. Néanmoins, toutes ces approches se heurtent tôt ou tard à des absences d'observations, des lacunes de donnée et des discontinuités spatiales ou temporelles, comme dans le cas des gisements stratifiés où des troncatures sédimentaires et des faciès d'érosion sont parfois mis au jour : quelle était la nature des dépôts aujourd'hui disparus ? La distribution géographique des gisements peut également nous interpeler : les nombreux vides qui parsèment les cartes de répartition traduisent-ils des absences d'occupation, des frontières culturelles ou naturelles, ou bien s'agit-il de biais liés à l'absence de recherches, à des processus taphonomiques singuliers ? La faiblesse quantitative, voire l'absence de données chronométriques pour certaines périodes peut-elle être interprétée comme un défaut de peuplement ? Les césures observées dans l'évolution des cultures matérielles enregistrent-elles une mutation accélérée ou bien un hiatus artificiel dans un continuum ? Les réseaux d'échanges, et notamment ceux à l'œuvre sur de vastes espaces géographiques, sont toujours bornés spatialement et comportent également de nombreux vides en leur sein : comment comprendre, d'un point de vue anthropologique, ces dissymétries ? Ou encore, comment caractériser et interpréter les lacunes observées dans les chaînes opératoires de production et d'exploitation des denrées alimentaires et des biens techniques (production différée dans le temps et dans l'espace, organisation spatio-temporelle des productions, etc.) ? Enfin, plus largement, quels sont les facteurs à l'œuvre dans la mise en place d'une innovation, sa diffusion ou son refus ? Ces hiatus, lacunes ou encore ces absences sont tout autant informatifs des sociétés préhistoriques et protohistoriques que leurs productions matérielles ou alimentaires conservées, la caractérisation de leurs habitats, etc. Ce sont les questionnements suscités par ces vides archéologiques et leur interprétation qui forment le thème de ce congrès, questions qui devront être abordées dans toute leur diversité, depuis des réflexions épistémologiques et méthodologiques sur la façon de les identifier et de les caractériser jusqu'à leur interprétation anthropologique. Nous souhaitons que les thèmes abordés le soient de manière transversale, d'un point de vue tant chronologique que géographique, comme : • Le manque de temps : hiatus et ruptures dans les constructions chronologiques. • Les espaces vides : preuves d'absences ou absences de preuves ? • Les couches fantômes : dynamiques sédimentaires, troncatures et érosions. • Entre attirances et répulsions : réseaux et frontières. • Qui est in, qui est out ? Refus et diffusion des innovations. • Les manques dans les productions matérielles, artistiques et les chaînes opératoires alimentaires : quelles inférences ? • L'architecture invisible. • La mort évanescente : quelles pratiques funéraires pour les aires et périodes pauvres en sépultures ? • Les matériaux périssables : nouvelles méthodes, nouveaux enjeux. • Les structures sociales et anthropologiques. Ces thèmes ne constituent que de premières pistes, totalement ouvertes, et nous invitons dès à présent les équipes et collègues intéressés à soumettre des propositions de sessions, sachant que nous privilégierons les plus interdisciplinaires et transchronologiques. Seules 8 à 10 sessions seront retenues. Il pourra être suggéré de regrouper certaines propositions de session trop semblables. Organisateurs Laboratoire TRACES - UMR5608 Renseignements, propositions de sessions (et seulement de sessions) : cpf2021@sciencesconf.org Date limite pour l'envoi des propositions de sessions : 31 janvier 2020
L'appel à sessions est ouvert à partir du 1er septembre 2019 et jusqu'au 31 décembre 2019. Vous pouvez soumettre vos propositions en cliquant sur l'onglet "Nouvelle soumission" et en remplissant le formulaire dédié. Le comité scientifique (en cours de constitution) et le comité d'organisation se chargeront de l'évaluation des propositions soumises. L'appel à communications ouvrira ensuite à partir du 1 février 2020. Nous souhaitons que les sessions soient organisées dans la mesure du possible par demi-journées complètes (soit un total de 14 sessions possibles) et qu'elles brassent des champs thématiques, géographiques et chronologiques larges. Les communications présentées bénéficieront d'un temps de parole de 20 minutes soit environ 8 communications pour une session d'une demi-journée.
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